A Rosia Montana, un village perdu au fin fond de la Roumanie, pour faire une alliance de 10 grammes à 18 carats il faut extraire plus de 5 tonnes de roches qui seront ensuite traitées au cyanure pour produire l'une des matières peut-être la moins utile sur terre, l'or.
Les résidus, c'est-à-dire les plus de 5 tonnes moins les quelques grammes que pèse l'alliance, seront ensuite jetés dans une vallée qui est actuellement le nid d'un superbe village, Corna.
La société qui va s'occuper de l'extraction du métal précieux attend patiemment que tous les habitants soient expropriés. En attendant, elle s'en occupe elle-même en arrosant de dollars le village. Petit à petit les habitants quittent le village, pactole en poche, laissant derrière eux leurs maisons pourrir (voir le reportage sur Rosia Montana).
Geamana est un autre village, ou plutôt fût un village, qui est maintenant enseveli sous des millions de mètres cubes de haldes stériles, les fameux résidus. Mais dans ce cas-ci il s'agit d'une autre exploitation à ciel ouvert, le cuivre.
Il n'empêche, le sort sera identique comme peuvent l'être de parfaites jumelles, "Geamana" en roumain.
L'exploitation a été ouverte dans les années 80 sur décision du dictateur déchu, Ceausescu. Une époque où l'on se souciait encore moins du sort de la population.
Population qui a été déplacée de force par le régime alors en place.
Je suis actuellement à la recherche de fonds pour y faire un reportage sur les rares habitants de la vallée qui demeurent encore sur les hauteurs.
Ils voient avec angoisse la quantité de halde, une masse grisâtre, monter d'année en année, même si l'exploitation s'est fortement ralentie vu l'état obsolère des moyens utilisés pour l'extraction.
Bienvenus à Geamana :